Des droits pour le vivant ?

Alors que la biodiversité est plus que jamais menacée, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer justice pour le vivant. Ces défenseurs des droits de la nature reprochent aux instances étatiques une inaction pour empêcher la destruction de l’environnement. Considérant que les États ne constituent pas de bons gardiens de la nature, ils souhaitent faire progresser la jurisprudence. Objectif: doter la nature d’une personnalité juridique.

Crédit AdobeStock/nikilitov

Un mouvement venu des peuples amérindiens


Les peuples amérindiens vivent avec la nature et la respectent sans même y penser. Le concept de nature est propre à notre société occidentale, entraînant un rapport de propriété plutôt que d’égalité.
Assez naturellement, le mouvement pour les droits de la nature prend donc racine en
Amérique latine. En Équateur, la Pacha Mama, ou Terre-Mère, devient un sujet de droit en 2008, devant ainsi être respectée et même réparée en cas de dommages. La Bolivie et la Nouvelle-Zélande lui emboîtent le pas en 2010 et en 2017, toujours sous l’impulsion de leurs populations autochtones.

«Nous devons reconnaître les liens d’interdépendance des humains avec le reste du vivant.
Nous ne pouvons pas survivre sans maintenir la vie sur Terre. Ces liens ne sont aujourd’hui
pas protégés. » (Valérie Cabanes – Juriste en droit international, membre du groupe d’experts commandités par Stop Ecocide  )

Ce sont les populations autochtones qui inspirent le texte de la Déclaration universelle des droits de la Terre-Mère, en 2010. Cette déclaration officialise la reconnaissance des dangers et des causes du changement climatique, ainsi que la nécessité de protéger l’intégrité de la Terre-Mère en lui conférant des droits.
Ainsi, dans ces pays, les fleuves, rivières et forêts sont des entités vivantes qui peuvent être défendues devant un tribunal. En tant que sujets de droit, les écosystèmes acquièrent le droit à vivre, prospérer et se régénérer sans être pollués.

En Europe aussi, la mobilisation gagne du terrain. La Serbie et la Suède ont déjà reconnu des droits à la nature et la France progresse en ce sens.
Depuis 2016, le préjudice écologique y est reconnu en droit. Il s’applique lors de grandes catastrophes telles que les marées noires et les accidents industriels.

Criminaliser l’écocide ?


Parallèlement, l’association Stop Écocide milite pour que l’écocide soit considéré au niveau international comme un crime. Partant du postulat que les législations environnementales internationales et nationales sont inefficaces, cette association demande l’inscription de l’écocide dans la liste des crimes internationaux, aux côtés des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et des crimes d’agression. Il deviendrait ainsi  possible de poursuivre en justice les responsables d’atteintes graves faites aux systèmes écologiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *