2019, année internationale des droits des langues autochtones au Muséum de Toulouse !

L’ONU a proclamé 2019 l’année internationale des langues autochtones. Le Muséum de Toulouse s’inscrit pleinement dans le cadre de cette année internationale : il mettra en valeur par une série d’expositions et de nombreux événements le patrimoine naturel et culturel des populations amérindiennes françaises.

En effet, nous menons depuis 2010, des missions d’études et de collectes auprès des populations amérindiennes du Brésil et de la Guyane.

Ces missions de recherche dépassent la simple collecte. Elles constituent un réel partenariat qui permet la sauvegarde des patrimoines et cultures de ces peuples ainsi que la sensibilisation du public aux dangers qui menacent la biodiversité naturelle et culturelle.

Il était donc particulièrement important pour le muséum d’inscrire sa saison culturelle 2019 dans le cadre de cette année internationale.

3 expositions temporaires

Plusieurs temps forts sont prévus tout au long de cette saison culturelle particulière, placée sous le patronage de la Commission nationale française pour l’Unesco :

 

  • Oka Amazonie, Une forêt habitée (ouverture en avril 2019, centre-ville)

Cette exposition exceptionnelle semi-permanente de 300 m2 mettra en lumière une triple réalité : une culture traditionnelle amérindienne très vivante et contemporaine, un modernisme occidental et la confrontation/cohabitation de ces deux modes de vie et ses conséquences.

Oka Amazonie sera d’abord une plongée dans le monde secret, envoûtant, de la forêt qui couvre 95 % du territoire de la Guyane : objets, témoignages, films, feront découvrir l’origine des peuples amérindiens, sa symbolique, les coutumes et savoir-faire qui régissent la vie quotidienne de ses habitants.

Le modernisme des sociétés occidentales, la mondialisation, les agressions contre l’environnement, ont très sérieusement perturbé le mode de vie de ces peuples. Oka Amazonie montrera la superposition des deux cultures : dans les maisons traditionnelles la télévision voisine désormais avec les objets en vannerie ou les poteries, la chasse et la pêche sont menacées par le déboisement – notamment au Brésil –, ou le mercure déversé dans les rivières par les orpailleurs…

Oka Amazonie sera enfin l’occasion de s’interroger sur le devenir des cultures amérindiennes d’Amazonie (Guyane, Brésil), en confrontant les points de vue amérindiens et occidentaux sur leur préservation dans un monde globalisé et sur le protocole de Nagoya*.

 

  • Double Je (à partir d’avril 2019, Jardins du Muséum à Borderouge)

L’exposition Double Je présente D’une rive à l’autre, une œuvre du photographe Miquel Dewever-Plana. Ce travail, qui interroge l’identité des Amérindiens Wayana, Wayapi et Teko de Guyane, s’attache à ne pas opposer le monde amérindien et le monde occidental.

L’exposition présente une série de diptyques comme autant de chroniques intimes, qui mettent en lumière la quête universelle de soi, entre respect des coutumes, trauma de la colonisation et fascination pour l’Occident. Il ne s’agit en aucun cas de dire que le monde d’hier était mieux que celui d’aujourd’hui, d’exalter le monde amérindien et décrier le monde occidental ou inversement, mais plutôt de faire naître une réflexion sur des changements et bouleversements que l’humanité a toujours vécus. Les cultures, les langues, les identités et les sociétés, si petites soient-elles, ont toujours « évolué » et se sont toujours construites dans des interactions avec « l’autre ». Entre injonctions stéréotypées et globalisation accélérée, n’y a-t-il pas un autre chemin ?

 

  • Extinctions : not the end of the world (à partir d’octobre 2019, centre-ville)

Présentée pour la première fois en France, l’exposition temporaire va permettre au public toulousain de découvrir plus de 60 objets issus des précieuses collections du Muséum de Londres. À partir de ces spécimens, de vidéos documentaires mais aussi de témoignages de scientifiques de terrain, elle

donne à réfléchir au concept d’extinction.

Devons-nous préserver la biodiversité ou considérer l’extinction comme une conséquence inéluctable de l’évolution ? Vivons-nous une sixième extinction de masse ? Et surtout, que réserve le futur pour l’espèce humaine ?

Save the date !

Le muséum vous donne donc rendez-vous à partir d’avril 2019 pour une grande année internationale riche en événements aux forts enjeux environnementaux, culturels et patrimoniaux  !

*Dans le cadre de sa loi pour la reconquête de la biodiversité, la France a ratifié, le 31 août 2016, le protocole de Nagoya. Ce texte fournit un cadre juridique international relatif au troisième objectif de la Convention sur la diversité biologique.

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